Mesdames, Messieurs,

Au seuil de cette nouvelle année, permettez-moi de vous adresser mes meilleurs vœux pour vous et vos proches.

Ce début d’année qui coïncide avec les six ou sept premiers mois d’un quinquennat nous engage à un premier bilan même si les chiffres de l’insécurité et de la délinquance du second semestre de 2017 ne sont pas connus.

Or que nous montrent ces premiers mois de la présidence Macron ?
Que se met en place une société d’insécurités, d’insécurités avec un « S » :

  • insécurité professionnelle on le voit avec les RCC, rupture conventionnelle collective qui sont en réalité des licenciements en charrette, Les RCC ont rapidement trouvé des adeptes comme chez PSA ou dans votre secteur d’activité au Figaro,
  • insécurité salariale avec on le verra les accords d’entreprise,
  • insécurité sociale avec la disparition des services publics ou des dispositifs sociaux comme les droits d’assurance chômage,
  • insécurité juridique et contractuel avec la modification du Code civil dont on mesurera très rapidement les effets néfastes.

Mais je suis venue évoquer ici l’insécurité physique qui s’est invitée à nouveau dans le débat public avec la diffusion sur internet d’une vidéo de lynchage d’une policière à Champigny sur Marne et avec les tergiversations du gouvernement sur les revenants de l’Etat Islamique.
Les attaques de policiers sont devenues un véritable sport dans certains territoires.
J’ai repris quelques articles de presse de ces dernières semaines :

  • Pau : « un véhicule fonce sur la police après un braquage raté ».
  • Essonne : « un policier et sa femme roués de coups devant leurs enfants ».
  • Toulouse : « un policier pris pour cible le soir d’Halloween ».
  • Seine-et-Marne : « des cambrioleurs foncent sur les policiers avec leur voiture ».

Doit-on rappeler l’effroyable agression des policiers de Viry-Châtillon ou ce CRS transformé en torche vivante après le jet d’un cocktail Molotov, ou plus récemment à Argenteuil, ou non seulement les policiers ont été agressés, mais ont été accusés par leurs agresseurs de bavures.
Aujourd’hui ce sont aussi leur femme et leurs enfants qui subissent les conséquences de ces agressions, vivant dans la crainte du vandalisme, de l’agression physique ou pire.

Enfin quand les policiers ne sont pas attaqués par les voyous, ils sont mis en cause de manière abjecte, insultante et diffamatoire par des commentateurs bobos comme les pédants Moix ou Kassovitz.
Et les policiers ne sont pas les seules victimes !
En 2016, les agressions contre les pompiers ont augmenté de 17,6 % et celles contre des inspecteurs du permis de conduire ont triplé.
En matière d’insécurité, disons-le, le gouvernement ne fait rien, il expédie les affaires courantes.

Il poursuit dans la ligne tracée par Taubira, celle de la culture de l’excuse avec par exemple le principe de non-incarcération pour les peines de moins de deux ans.
La justice ne punit pas avec assez de sévérité ces affaires d’atteinte à nos forces de l’ordre. Les saisies à répétition, les mandats de dépôt quasi inexistants sont le quotidien de ces policiers qui n’en peuvent plus de croiser quelques heures après leur arrestation ceux qui les ont insultés ou molestés.
Ces agressions contre des fonctionnaires ont le plus souvent lieu sur des territoires de politique de la ville.

Elles s’interprètent comme des actes de délinquance certes, mais surtout comme des actes d’hostilité assumée à l’égard de l’Etat et donc à l’égard de la France.

La fracture légale traduit une fracture identitaire.
On le voit, les zones de non-droit deviennent des zones de non-France, des zones où tout ce qui représente la France est considéré comme intolérable.
« Dans la cité, on nous a appris la haine de la France » voilà ce que raconte Patrice Quarteron, le champion de Boxe dont l’amour de la France doit être érigé comme modèle.

La vue d’un uniforme ou d’un fonctionnaire se vit comme une intrusion inacceptable sur des territoires désormais contrôlés par des autorités mafieuses ou parfois religieuses autres que celles de la République.
Cela est d’autant plus inacceptable que les habitants de ces quartiers sont les otages de ces nouvelles féodalités criminelles, que des enfants sont entraînés dans des voies qu’un Etat qui se respecte ne peut tolérer, que des familles y vivent des drames du fait de ces exactions criminelles.

Les Français ne sont pas dupes : depuis deux trimestres le sentiment d’insécurité ne cesse de croître pour atteindre 66 % des Français soit le niveau le plus haut depuis la création du baromètre Fiducial.

Le harcèlement de rue est devenu un véritable fléau notamment pour les femmes.
On tue, je dis bien on tue, pour un portable, une cigarette, un regard.

A Rennes, il y a quelques jours, deux jeunes filles se sont fait rouer de coups pour avoir protesté contre le harcèlement de rue dont elles étaient victimes.
Les cambriolages sont en hausse constante depuis trois ans.
Bref, la grande glissade continue.
Quelle est la préoccupation du gouvernement ? C’est d’installer des téléphones dans les cellules des prisons.
En matière de traitement pénal, c’est la seule mesure concrète à l’actif de ce gouvernement,

Le projet de Police de sécurité au quotidien annoncé à grand renfort de publicité patine et ne laisse place qu’à la vision de restriction de crédits, d’épuisement des personnels, des pénuries d’effectifs dans les commissariats, de la dégradation des bâtiments et de l’obsolescence des matériels et véhicules.

Pas étonnant que 70 % des Français ne fassent pas confiance au gouvernement actuel pour assurer la sécurité.

Il est temps de mettre en œuvre une politique de tolérance zéro, d’engager un programme d’ouverture de places de prison, d’établir des peines planchers, d’expulser systématiquement les délinquants étrangers.

Il faut redonner à nos forces de sécurité le soutien moral et matériel, mais aussi la considération dont elles ont besoin pour l’exercice de leur mission.
C’est la raison pour laquelle nous réclamons encore et toujours la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
Il faut faire cesser l’impunité des délinquants. Leur arrogance est une agression supplémentaire pour les victimes.
Le message doit être clair :
« On ne touche pas aux policiers »
« On ne touche pas aux pompiers, aux gendarmes, aux policiers municipaux, aux militaires »
Toute atteinte aux forces de l’ordre doit faire l’objet d’une sévérité absolue et d’une peine d’emprisonnement.
Les policiers doivent avoir le soutien de l’Etat, de la Justice de la Nation

Les policiers ont en tous cas notre soutien, nous avons une pensée toute particulière ainsi que pour leurs familles, pour ceux de Calais, ceux d’Argenteuil et tous les autres, policiers, gendarmes, policiers municipaux, gardiens de prison qui tous les jours risquent leur vie pour nous protéger.
Je me suis ainsi entretenue cet après-midi avec les responsables d’une association de femmes de policiers.

Pour témoigner mon soutien à nos forces de l’ordre et me rendre compte de leurs conditions de travail, j’irai dîner avec des policiers et j’effectuerai ce soir une patrouille avec une Bac dans Paris.

Le second point que je voudrais aborder c’est le terrorisme.
Depuis l’arrivée de M. Macron, on observe que le risque terroriste s’est objectivement aggravé :
Pour deux raisons :

– Avec la loi prétendument antiterroriste, le gouvernement a abaissé le niveau de protection de l’état d’urgence : en son temps, on a dit le mal qu’il fallait en penser ; cette loi a eu pour première conséquence la réouverture de mosquées salafistes.

Nous avons demandé que la lutte contre le terrorisme prenne en compte la lutte contre l’idéologie qui l’arme c’est-à-dire l’islamisme.

Nous avons demandé que le terrorisme soit considéré comme un acte de guerre et traité comme tel.

Cela répond à la question sur le parquet spécialisé puisque nous pensons que les procédures, les juridictions ou le régime carcéral doivent, dans le cadre de l’état de droit, échapper au droit commun.
Nous avons notamment proposé le rétablissement de la Cour de Sureté de l’Etat. La création d’un Parquet national antiterroriste ne va donc pas assez loin même si la direction prise est la bonne !

– En second lieu, je voudrais soulever un paradoxe affolant : la destruction de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie revient, non à diminuer la menace terroriste pour les Français chez eux, mais à l’augmenter.
Avec le retour des combattants de l’Etat Islamique, M. Macron nous rejoue la sinistre farce de Léonarda, celle d’un président pusillanime et indécis, celle d’un ministre de l’Intérieur muet de gêne, celle d’un pays qui se ridiculise par ses tergiversations.
Il ne sait pas.
Il va voir.
Il fera du cas par cas.
Un jour oui, un jour non, et le troisième il ne sait plus.

Je m’étonne que des procédures de déchéance de nationalité n’aient pas déjà été engagées contre les binationaux, bien sûr, mais également contre ces pseudo-Français qui en réalité avaient acquis par leur engagement au service d’une idéologie mortifère, la nationalité d’un état en guerre avec la France, l’Etat Islamique.
Je demande que ces criminels qui avaient fait du crime contre l’humanité l’étendard de leur combat soient jugés là où ils ont commis leurs atrocités.
Je demande que leurs femmes soient considérées comme des complices et soient jugées pour les mêmes faits.
Nous devons demander aux Kurdes qui les détiennent de les livrer aux Irakiens ou aux Syriens.
Et tant pis pour eux s’ils encourent la peine de mort.
S’ils rentrent en France, le Front National demande qu’ils soient immédiatement et systématiquement incarcérés et condamnés à des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité réelle dont nous demandons évidemment l’intégration dans le Code pénal.
Nous demandons que ces peines soient assorties de l’indignité nationale, ce qui les priverait de tous droits, civils, civiques et familiaux.

Je le dis avec gravité.
Que M. Macron et Collomb réfléchissent bien avant de faire preuve de laxisme à l’égard de ces terroristes de retour sur le sol français.
Ils étaient selon les sources entre 1700 et 2370 à être officiellement partis perpétrer les crimes de l’Etat Islamique.
Il semble que plus de 300 d’entre eux soient déjà revenus en France.

Au moins la moitié ne sont, de l’aveu du ministre de l’Intérieur, pas incarcérés et sont donc libres de poursuivre leur activité criminelle et de tuer des Français.

Je veux dire avec gravité :
S’il advenait que les revenants de l’Etat Islamique protégés de Messieurs Macron et Collomb commettent des actes terroristes, nous les tiendrons pour politiquement responsables et pénalement complices de ces actes devant le pays.

Le Front National entend axer son projet pour les Français sur la notion de protection, la protection de tous, dans tous les quartiers et surtout dans les quartiers abandonnés à la loi des bandes mafieuses comme dans les zones rurales oubliées des pouvoirs publics.

L’une des réponses à cette nécessité de protection est le retour des vraies frontières, la réforme de la politique pénale ou encore le maintien sur l’ensemble du territoire des services publics ; c’est donc globalement sur l’intégralité du territoire français la restauration de l’Etat, de son autorité et des moyens mis à la disposition des hommes et des femmes qui le servent et qui servent donc la France et les Français.

Avant de répondre à vos questions, un mot sur LE sujet du moment la sécurité routière, j’ai fait hier une vidéo que vous avez sans doute vue.

Comme le gouvernement ne fait rien ou pas grand-chose pour lutter contre les délinquants, les terroristes ou les prêcheurs de haine, il s’attaque aux honnêtes Français, qui il est vrai, dépassent parfois les limitations de vitesse !

Nous considérons qu’imposer une limitation de vitesse à 80km/h sur l’ensemble du réseau routier secondaire de manière indifférenciée est clairement excessif. Aucune étude sérieuse ne démontre que cette nouvelle réglementation permettrait de réduire le nombre dramatique de morts et de blessés sur nos routes.

L’urgence en matière de sécurité routière c’est l’investissement dans le réseau secondaire, car la dégradation de l’état de nos routes est une triste réalité.

Nous demandons donc que l’État, plutôt que de pourchasser les automobilistes, lance un grand plan de rénovation et d’entretien de nos routes. Il existe un grand nombre de points noirs sur les routes de France. Comment ne pas évoquer quelques semaines après le drame de Millas, la sécurisation des passages à niveau ; 162 mériteraient des travaux de sécurité selon M. Griveaux !

Ce plan pourrait être financé par la création d’une taxe spéciale sur les sociétés d’autoroute qui réalisent des profits indécents sur le dos des automobilistes et par l’instauration d’une taxe sur les véhicules étrangers, notamment les poids-lourds, qui utilisent nos routes sans payer leur entretien.
Nous avons lancé une pétition appelant le gouvernement à revenir sur cette décision. L’énorme succès qu’elle rencontre, la vidéo a été vue plus de 1 250 000 fois depuis mardi soir et la pétition signée à près de 40 000 exemplaires souligne l’exaspération des Français dans ce domaine !
Alors je le dis au gouvernement, arrêtez d’empoisonner la vie des Français et commencez à frapper vraiment les délinquants et les terroristes !

Marine Le Pen

Marine Le Pen

Député de la 11e circonscription du Pas-de-Calais.
Membre de la commission des affaires étrangères.

Présidente du Front National depuis 2011, Marine Le Pen a été candidate aux élections présidentielles de 2012 et de 2017 où elle a obtenu près de 11 millions de suffrages au second tour.
Chargée par les Français d’incarner l’opposition à Emmanuel Macron, Marine Le Pen est élue en juin 2017, avec plus de 65% des voix, député de la 11e circonscription du Pas-de-Calais, cette terre à laquelle elle est profondément attachée et où elle a mené de nombreuses batailles électorales.
Elle fut candidate sur la liste de Steeve Briois, aux élections municipales en 2008 et 2009 et conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais en 2010 et des Hauts de France en 2015.
Député français au Parlement européen élue en 2004, réélue en 2009 et 2014, Marine Le Pen a été vice-présidente du groupe l’Europe des Nations et des libertés.

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